You are currently viewing Le Groupe Corbat : la gazéification de résidus de bois

Le Groupe Corbat : la gazéification de résidus de bois

Une entreprise familiale, le Groupe Corbat, qui exploite une scierie dans le Jura Suisse, a raconté son projet de production d’hydrogène au quotidien Le Temps.

Après avoir utilisé autant que possible les grumes (= les troncs), il restait des déchets de bois. L’idée a donc été d’utiliser ces dernier pour produire de l’hydrogène par gazéification (en gros on chauffe très fort pour séparer l’hydrogène du reste). Cela produirait également du carbone solide (biochar), qui pourrait être utilisé pour fertiliser les sols.

C’est un des modes de production d’hydrogène qui a mauvaise réputation. En effet, il est beaucoup utilisé en Chine pour produire de l’hydrogène à partir de charbon. Le processus libère beaucoup de CO2. Toutefois, ici, il s’agit de biomasse, donc le CO2 qui va être libéré aura, en fait, été capté en premier lieu par l’arbre. Il s’agirait donc bien d’une production d’hydrogène bas carbone.

J’aime bien ce projet pour plusieurs raisons :

  • On valorise des déchets.
  • Exploiter les forêts est un levier très intéressant pour lutter contre le déréglement climatique: c’est sans doute le seul stockage réellement durable de carbone qui existe, une forêt sur pieds pouvant toujours brûler et libérer tout ce qu’elle a amassé. Les scieries sont des alliés importants pour cela et il me semble qu’on en manque beaucoup en France.
  • Ils mobilisent eux-mêmes des transports lourds et pourraient donc utiliser leur propre hydrogène.

On est clairement dans une démarche qui va dans le sens de l’écomobilité (mobilité hydrogène plus précisément) et de l’économie circulaire.

Il serait intéressant d’avoir en détail le bilan carbone de l’opération:

  • L’émission du procédé lui-même (en principe compensé par le fait que c’est de la biomasse)
  • Les émissions liées à la production de chaleur / énergie pour faire fonctionner la réaction

Il serait aussi très intéressant de savoir combien aurait coûté la captation carbone (CCUS) pour leur projet.

Une initiative à suivre.