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[Résumé] Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers (Poore et Namecek 2018)

Voici une synthèse de Poore et al., Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers, Science 360, 987–992 (2018) 1 June 2018 (https://www.science.org/doi/abs/10.1126/science.aaq0216).

Les auteurs ont passé en revue environ 600 articles apportant des données sur

  • 5 indicateurs : terre mobilisée; utilisation d’eau pondérée par sa rareté locale; émission de gaz à effet de serre (GES), acidification et eutrophisation
  • 38 700 fermes dans 119 pays et 1600 usines, types de packaging et distributeurs
  • 40 produits représentant 90% des calories consommées

Ils auraient harmonisé les méthodologies entre les bases de donnée pour pouvoir légitimement consolider (c’est-à-dire agréger) l’ensemble.

Voici quelques données, hors de leur étude, qu’ils reprennent:

  • La nourriture, de la production à la consommation, représenterait 26% des GES (13.7 Md de tonnes de CO2eq), ce à quoi s’ajoute 5% de plus (2.8 Md de tonnes de CO2eq) pour l’agriculture non alimentaire (biodiesel/textile). L’étape de la ferme représenterait 61% dette production de GES.
  • L’agriculture mobiliserait 43% des terres ni gelées, ni désertiques.
  • L’agriculture serait responsable des 2/3 des prélèvements d’eau douce, mais à 90 à 95% du manque d’eau douce dans certaines régions.

Un impact variant selon l’exploitation

L’un des grands enseignement de leur étude est de montrer l’amplitude des différences d’impact que la production d’un même produit (boeuf, blé, etc.) peut avoir sur l’environnement selon l’exploitation. Ces variations apparaitraient aussi entre fermes de mêmes régions.

Ainsi, 100g de protéines de boeuf peuvent générer entre 20 et plus de 75 kg de CO2eq et mobiliser entre 42 et plus de 300 m² de terrain. Voici quelques données :

GES (Kg CO2eq) Terrain (m²)
Min Moy. Max Min Moy. Max
Boeuf 20 50 42 164 Porc 4.6 7.6 14 4.8 11 Volaille 2.4 5.7 11 3.8 7.1 8
Tofu 1 2 3.5 1.1 2.2 3

Cette variance très forte résulterait à 42% de la déforestation.

Les exploitations animales, principales émitrices de GES et d’occupation de terre

L’autre principale leçon de cet article est que la production de viande, même la plus vertueuse, reste largement plus polluante que les pires exploitations de produits végétaux.

  • 65% des pâturages ne permettraient pas de faire pousser des légumes
  • L’aquaculture et les produits animaliers mobilisent 83% des terres agricoles et génèrent 56% des GES liés à la nourriture, mais ne produisent que 37% des protéines et 18% des calories.

Si tout le monde passait à un régime alimentaire d’origine purement végétale,

  • on pourrait diminuer l’utilisation des terres agricoles de 76%, dont le quart (19%) de terres arables. Cette terre pourrait capter ensuite 8.1 Md de tonnes de CO2 chaque année pendant 100 ans, grâce au développement de la végétation.
  • l’émission de GES liés à la nourriture diminueraient de 49
  • l’eutrophisation diminuerait de 49%
  • les prélèvement en eau douce (pondérés par sa rareté) de 19%

Quelques faits marquants

  • Produire 5% des calories modiales cause 40% du manque d’eau douce
  • Pour 1kg de nitrogène (fertilisant) appliqué, entre 6 et 40% se perd sous des formes réactives (?).
  • Les émissions de méthane représentent 30% des GES liés à la nourriture. Cela pourrait être réduit presque sans effet négatif, par exemple, pour le riz, en immergeant pendant moins longtemps et sous moins d’eau.
  • Il y a beaucoup d’amélioration à faire en termes d’emballages : des futs de bière en acier génèrent 20g de CO2eq, contre entre 300 et 750g pour les bouteilles en verre recyclées.

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